Expérience

Expérience : Le canal des 2 mers / Bordeaux – Toulouse

Expérience : Le canal des 2 mers / Bordeaux – Toulouse

3 jours / 241 km / 2592m D+

Ce voyage m’a appris une bonne leçon : il faut préparer un minimum son voyage! Je n’ai pas eu l’occasion de rouler souvent cette année et ce voyage s’est un peu fait dans la douleur. Le physique est au rendez-vous mais la résistance mentale était aux abonnés absents.

 

J’avais besoin de vacances, vite, très vite! J’ai choisi un itinéraire au hasard et je me suis lancée. Je ne me suis pas renseignée sur le type de routes empruntées, sur la durée des étapes ni sur le dénivelé qui m’attendait.

Désormais je le sais et puisque je suis sympa je le partage avec vous: la portion Canal de la Garonne se fait avec n’importe quel vélo, le preuve mon VTC a fait parfaitement l’affaire. Quant à la partie Canal du midi, elle se fait avec un VTT, non négociable. Les peupliers longeant le canal étaient malades, ils ont été arrachés par des tracteurs sans que les pistes ne soient réaménagées. Le chemin est donc truffé d’ornières et de boue. Si, comme moi, vous devez traverser cette partie sous la pluie, armez-vous de patience et de nerfs.

Le train me dépose à Bordeaux, les rues sont pleines, les surfeurs promènent leurs planches, ça flâne, les habitants profitent des terrasses, ça sent bon les vacances. Quelques courses pour la journée et j’empresse de démarrer la trace. Il est déjà midi passé et j’ai 75km à parcourir avant que la nuit ne commence à tomber, vers 20H à cette période de l’année.

La météo annoncée ces derniers jours était horrible, les températures entre 0 et 10°C, de la pluie voire des flocons. Jusque là tout va bien, je prends même des couleurs sur le nez et sur le front à travers le casque.

Le dénivelé est au rendez-vous, bon sang ce que mon vélo est lourd. J’ai beaucoup d’affaires à cause de la météo changeante : du chaud, du frais … Par chance, je n’ai pas mon matériel de nuit. Les températures nocturnes et la pluie annoncée ne me permettent pas de passer la nuit dehors. J’ai réservé des chambres chez l’habitant. Chaque soir je suis obligée d’atteindre mes hôtes si je veux dormir au chaud.

Cette première trace se fait sur piste au beau milieu des vignobles, ce genre de décor m’est inhabituel. C’est charmant même si les vignes sont encore plutôt nues pour le moment. La nature commence tout juste à reprendre vie, les bas-côtés sont remplis de fleurs printanières, ça y est l’hiver est derrière nous.

Le vent, de face, reste malgré tout très froid, mon se perd entre coup de soleil et rhume. Un dernier coup de pédale et me voilà arrivée chez mes hôtes d’une nuit, ils sont si chaleureux. D’ordinaire plutôt réservée, je ne saurai pourtant me passer de ces interactions humaines lors de mes voyages.

Le soleil est toujours au rendez-vous le lendemain, le vent aussi.

Je ne croise que très peu de monde sur cet itinéraire, hors période scolaire, en pleine semaine, début Avril, rien d’étonnant. Nouvelles journée d’aventure sur ma 2 roues.

Le jeûne compte-t-il comme une aventure? Car entre la trace qui long le canal sans ne jamais croiser de commerce, les boutiques fermées hors saison, les restaurants complets… Je me retrouve vite à court de nourriture. Je n’avalerai finalement que 3 cannelés infectes assise au bord de l’eau.

Les passants en péniche me font signe en passant, les veinards, leur destination les attend sans effort.

Je croise également un bikepacker avec son chien, le chien court à ses côtés. Lorsque le chien est fatigué il va dans le chariot tracté par le vélo. Je trouve le concept absolument génial. Un bon moyen d’être seul tout en étant en bonne compagnie.

La région est pleine de champs de pommiers en fleurs, j’en prends plein les yeux… Magnifique! Cette journée file aussi, en quelques heures j’arrive à Agen où m’attend un toit pour ce soir.

Nouveau jour, nouvelle météo. Le soleil a disparu et laisse place à la pluie. Ma trace sur le Canal de la Garonne est presque terminée.

A 6 km de mon arrivée, première crevaison. Non pas du parcours, du jour ou même du voyage, la première crevaison de ma vie. Jusqu’à aujourd’hui ça ne m’étais jamais arrivé, ça paraît dingue après toutes ces années. J’ai déjà vu bon nombres de cyclistes le faire mais n’ayant jamais eu à le faire moi-même je ne savais pas comment sortir la chambre à air du pneu. Youtube à la rescousse! Ça fait vraiment débutante, mais ça me fait rire!

L’arrivée à Toulouse par sa banlieue était peu ragoutante, où est passée la ville rose tant vantée par ses visiteurs? La météo joue beaucoup sur l’impression que nous laisse une ville, pauvre Toulouse cette météo-ci ne te rend pas service. Je passe la soirée en ville afin de changer d’avis, le dîner et le vin finiront de me donner l’envie de revenir par beau temps.

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