Portrait

Portrait de bikepackeuse : Sophie B-L.

Portrait de bikepackeuse : Sophie B-L.

Voici le portrait de  Sophie B-L, 47 ans. Sophie a longtemps été plus à l’aise sur ses jambes que sur un vélo. Née à Strasbourg, elle a très tôt commencer à porter ses sacs à dos pour marcher ou grimper partout où ses envies la menaient. Nous sommes face à une véritable globe trotteuse qui a le goût du challenge. Elle est désormais installée en Alsace dans un coin de verdure idéal pour bourlinguer. Une battante au grand cœur que je vous invite à découvrir à travers ce portrait et son blog.

Tes débuts sur un vélo

Il n’y a pas si longtemps en fait, c’était il y a un peu plus d’un an je pense…

Avant de découvrir que le bike allait devenir une drogue, je courais. J’ai un besoin viscéral de me dépasser et puis j’ai découvert, qu’à ce dépassement je pouvais ajouter le « déplacement »…

Ma douce moitié, Alfredo, ne court pas, il roule. Ça faisait un bail qu’il me harcelait pour que je l’accompagne à vélo, me vantant les plaisirs divers et nombreux de ce fameux déplacement: la liberté de mouvement, celle de se perdre, de parcourir plus de kilomètres, de faire de drôles de rencontres…

Bref, j’avais la tête dans un autre guidon, celui de la course à pied, et cette idée [que je sais maintenant être fausse] que je ne pouvais pas m’encombrer d’une « machine » pour ressentir ce que je ressentais en courant, je pensais avoir besoin du contact avec le sol …

Sans grande conviction j’ai fini par céder, j’ai acheté un VTT Bergamont d’occasion histoire de ne pas mourir stupide et surtout de l’accompagner. J’allais tâter un terrain où partager ensemble ce besoin intrinsèque de liberté.

Il n’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que mes shoes de running commençaient à prendre la poussière dans l’armoire du garage…quelques sorties chez nous en Alsace, un séjour en Ardèche ( peu de km mais beaucoup de dénivelés ), une sensation dingue de «  allez ! encore !!! » et puis la carotte comme objectif (défi oblige) sous la forme d’une phrase simple: «  et si on faisait la French Divide 2018 ? »

Voilà comment tout a commencé, il y a à peine plus d’un an, en automne 2017, j’ai vendu mon Bergamont, je me suis acheté un Kona Unit Single speed par défaut, je me suis mise à la mécanique pour lui installer de beaux composants, de belles vitesses etc, j’en suis tombée littéralement amoureuse.

Ton premier 100km

Une fois le défi French Divide en tête: jubilation extrême et début de l’enfilage de kilomètres sous toutes leurs formes et sur tous les terrains. Toutefois il restait un souci pour la novice que j’étais : Mais euh…au fait…il faudrait peut-être que je fasse une sortie de plus de 100 km, être en selle pendant au moins 12h !

J’ai fais mon premier 100 km, qui était un 108km, ce jour-là. Nous avions décidés de faire du bien chiant, du bien long pour le corps et le mental… Pour du difficile, nous avons été servis : problèmes de selle, de fit sur le vélo, de dos, de mains, bref de tout, au point de me remettre en question. C’était peut être pas pour moi tout ça… Pourtant j’aimerais tant! Merde quoi !

Ces 108 kilomètres je m’en souviendrai toujours: horriblement droite cette ligne! Cette véloroute le long du canal dans le coin de Mulhouse… Mon Kona était en single, je n’avançais pas, 14 km/h sur du plat, un cauchemar. Je n’avais pas encore ni la tête ni la condition pour supporter ce type de sortie, je m’attendais à battre des records de vitesse et je voyais Alfredo devant pédaler cool alors que moi, derrière, je pestais contre  l’Univers entier. J’avais mal partout: à l’âme, au corps, à l’orgueil et aux fesses… ce jour là j’ai bien failli jeter mon vélo dans le canal et m’inscrire plutôt à la Saintelyon!

Puis il s’est passé quelque chose qui a définitivement tout changer, au 86 ème km, j’ai fondu en larmes sans raison. J’ai ouvert les vannes sans pouvoir formuler pourquoi, ce n’était pas une faiblesse mais une rage. J’ai pété ce câble essentiel et je suis remontée sur le bike avec la ferme détermination de lui montrer que le maître ici ça serait moi ! Et j’ai fini ces premiers 100km, non seulement heureuse mais surtout fière comme Artaban.

Ton premier voyage à vélo

J’aime bien cette question, tu sais pourquoi ? Parce que la notion de voyage est terriblement vaste et individuelle!

Je vais donc te donner trois réponses…

Mon premier « voyage », je l’ai fait un jour où nous étions sortis pour rouler dans le coin, je ne sais plus pour combien de kilomètres, peu importe…

Nous avions pris le temps de nous arrêter, à tous les coins de rues, points de vues, dans des cafés, des boulangeries, de nous arrêter pour parler aux gens qui nous remplissaient les gourdes, nous allonger dans un champs sur les hauteurs de Kiffis à coté de Lamas en bouffant de la pâte d’amande, prendre le temps et choisir la trace un peu au hasard sachant que tous les chemins nous mèneraient à Rome de toute façon.

Avec Alfredo, ce jour-là, nous avons vraiment voyagé. En accord parfait.

“Voyage”: ce mot vient du mot latin Via; Route, chemin, et s’est décliné en « prendre la route », c’est beau non ?

Ma seconde réponse, une première aventure que je considère comme un voyage.

C’était en Ardèche en Août 2017, nous avions planté notre « camp de base » , en famille, dans un camping paumé sur les hauteurs de Maclas aux portes de la réserve du Pilat. De là nous sommes partis, Alfredo et moi, explorer la région tous les jours pendant 1 semaine en rentrant au camp chaque soir. Toujours sans savoir si nous n’allions pas être contraints [ou tenter] de nous poser parfois ailleurs. Les ados, gardiens du point de départ et de chute, nous attendaient le soir, souvent inquiets et impatients de nous voir arriver sains et saufs.

Et la troisième vraie réponse pour le plaisir et parce que partir quelques jours en autonomie totale est encore une autre expérience!

En mai dernier, nous sommes partis en Bretagne sur une portion de la trace de la Gravel Tro Breizh, sur 2 jours. De Benodet nous avons rejoint la pointe du Van puis du Raz, par les terres et sommes revenus par la côte le lendemain, environ 200 km, environ 2000 d+. Première sortie à dormir où nous pouvions le faire. Nous avons fini dans un coin de verdure sauvage à quelques 20 km de là: le bonheur en boîte ( de cassoulet ) !!!

Ton prochain voyage à vélo

Si le temps le permet encore, une partie de La Grande Traversée du Jura, avec Alfredo. Là bientôt, courant Octobre, sur 3 jours, 330 km, pas loin de 4000 mètres de D+. Le parcours est montagneux, très dénivelé sur de courtes portions, de gros pourcentages de montées et de descentes, accidenté… Nous avions prévu de le faire au retour de la French Divide mais d’autres impératifs nous ont obligés à repousser. L’idée est de passer par le Jura Suisse et Français, le creux du Van, la Chaux-de-Fond, le Lac de Joux etc… par les sentiers. Maintenant la question est de vérifier rapidement l’état du chemin prévu, il n’est pas impossible qu’il fasse déjà trop froid pour l’envisager en bivouac sur cette longueur.

[NDLR: Entre l’écriture du portrait et sa publication, Sophie et Alfredo ont mené à bien ce voyage!]

Après cela, nous avons pas mal de projets sous le coude, rouler jusqu’à Sagrado en Italie où vit notre amie Lucy Rusjan, une artisan hors norme. Ces sacs, fabriqués à la main, sont épatants. Un personnage unique, une femme incroyable – Au passage saluer notre ami Fabrizio et revenir. Pourvu que ça reste faisable avant l’hiver!

Alfredo couvrira probablement la GTB 2019 en tant que photographe en mai, j’aimerais la faire, seule du coup.

Terminer la French Divide 😉 ce qui veut dire concrètement la refaire en août 2019.

Les idées et les envies ne manquent pas ….

Seule ou accompagnée

Le nous est systématique, il est rare que nous partions rouler l’un sans l’autre. Nous sommes devenus «  Les Betancourt », donc je suis accompagnée de son ombre ou lui de la mienne.

Il y a bien sûr des moments de coup de gueule mais nous évoluons dans le même silence, le même espace, la même écoute et les mêmes attentes, du coup il est assez simple de rouler ensemble. D’autre part, vivre nos aventures ensemble nous renforce et nous rapproche un peu plus à chaque fois. On peut parfaitement être « seul » si l’on s’entend avec son binôme, un peu comme sur un tandem, il faut être sûrs d’être en phase. C’est notre cas à 90%, Alfredo ayant une sensibilité très féminine et moi étant, selon lui, juste une grosse brute, on se complète bien…

Ceci dit, concernant les avantages et les inconvénients du vélo solo ou en groupe, je n’aime pas particulièrement les groupes, voire pas du tout. Le peu de fois où je me suis retrouvée en «  peloton » j’y ai perdu ma liberté, mes pédales et mon rythme. J’avais ce sentiment affreux d’être coincée, être obligée de suivre … ou d’être attendue, se plier aux arrêts des uns ou voir les autres se plier aux miens, non très peu pour moi!

Comme je l’ai dit plus tôt , il n’est pas impossible que je fasse la Gravel Trop Breizh seule l’année prochaine. Je serai plus à même de me confronter à la solitude, de lutter contre ce que mon cerveau dit, contre ce que mon corps dit et de dialoguer avec ces voix qui n’appartiennent qu’à moi.

Un projet qui te tient à cœur

À la maison nous sommes cinq. Nous deux, nos deux filles ( Lua 13 ans, Camila 15 ans ) et Jo. Camila est malade et Johannes est son garde du cœur et du corps, il a 18 ans et vit chez nous depuis un an. C’est lui le chef du bateau quand nous partons rouler et estimons possible de le faire.

C’est également pour cette raison que nos voyages se font souvent spontanément bien que notre matériel soit toujours prêt au décollage.

J’aimerai faire La Traversée du Massif vosgien en début d’année prochaine en accompagnant notre ami Abdallah, marathonien solidaire, pour récolter des fonds pour la lutte contre le cancer chez les enfants.

Ta plus grande joie à vélo

Le simple fait d’être sur un vélo est souvent une grande joie.

J’ai du mal à me passer de ce moyen de me mouvoir qui m’offre une liberté totale. Etre à vélo c’est partir, s’en aller, voyager, découvrir, se perdre et ne plus penser qu’à l’essentiel, avancer, manger, dormir, respirer, voir et souvent échanger.

À vélo, le voyage est partout.

Le sentiment de n’être sous aucune des contraintes que m’imposent cette société dans laquelle je n’arrive pas à me reconnaître. Malgré tous les efforts du monde je suis à côté, depuis toujours, en marge. J’ai toujours eu ancré très profondément en moi cette nécessité de vivre le moment et d’en profiter un maximum. Cette chose qui crie sans cesse que l’on a qu’une vie et que je n’en serai pas la spectatrice.

Alors voilà ce que m’apporte enfin et sereinement les voyages à vélo, le pouvoir d’aller voir ailleurs de quelles couleurs sont faites toutes les natures, à chaque fois que j’en ai envie [ou presque]!

J’ai découvert la communauté cycliste au fil du temps, j’ai désormais le sentiment de n’être pas la seule barjo du coin. C’est assez jouissif, j’ai rencontré des êtres humains formidables qui ont tous ce même souci de liberté, cette soif d’aventure, de dépassement de soi et des règles. C’est une famille,  un fil conducteur.

Ta plus grande peur à vélo

La ville. Avant j’allais souvent travailler à vélo. Jusqu’au jour où je me suis faite percuter par une voiture sur une piste cyclable, refus de priorité, le gars sortait en trombe d’une voie de garage. J’ai fait un vol plané, je me souviens avoir pensé ” noooooooon, pourvu que je n’ai rien de cassé !”. Rien de grave, juste une grosse frayeur!

La ville est ce que je hais le plus, y rouler est dantesque, parce que le danger ne provient pas de soi. Sur un chemin, même très technique, on est responsable de ses décisions et les accidents proviennent souvent d’erreurs de pilotage, en ville ce sont les chauffards qui ont le dessus.

Sinon je ne suis pas totalement à l’aise dans les descentes caillouteuses à 25 % mais je pense que je ne suis pas la seule. Les parcours DH me font totalement paniquer, trop serrés, trop raides, pas assez de technique et de confiance pour m’y amuser.

Sur la FD cette année, nous nous sommes retrouvés en fin de journée, avec 145 bornes dans les pattes, les jambes en vrac et les muscles hors contrôle à devoir se faire une dernière descente dans un amas immonde de type moraine. Il fallait prendre un max de vitesse pour ne pas perdre la stabilité, je n’arrêtais pas de freiner et de chasser en me disant ” mais qu’est-ce-que tu fous là ???? avance ! Tu vas te prendre une gamelle”, j’étais vraiment en bad trip sur ce coup là mais je ne suis pas descendue du bike, j’ai lâché les freins en priant tous les saints pour que ça passe !

Avec du recul j’en rigole mais sur le coup je n’en menais pas large!

Une femme que tu admires dans le monde du vélo

Toutes!

Mais si je ne devais en retenir qu’une,  Lael Wilcox !

Non pas parce que maintenant c’est une sorte de star, je la connaissais déjà avant que son nom se mette à résonner comme étant une machine de guerre …

Lael parcourt les sentiers et prend les chemins de traverses depuis longtemps. Elle a longtemps voyagé avant de participer à des courses officielles et la connaissant un peu ce n’est pas par besoin de montrer que, elle, Lael, est capable d’être aussi performante qu’un homme voire d’avantage.

C’est un extraterrestre au même titre que Kristof Allegaert ou Jay Petervary, un point c’est tout, un extraterrestre avec un cœur gros comme celui d’un diplodocus et un sourire flanqué sur son visage en permanence.

Elle trouve sa force dans une chose simple, elle est passionnée.

La douleur et les difficultés ne sont que provisoires, comme elle le dit souvent «  ça ne peut que passer », just going on and on, if you have to stop, just do it for a small power nap… Ne décide jamais quoi que ce soit le soir. Le soir, abandonner est tentant, le jour qui suit apporte toujours une autre énergie.

J’aime son humilité, pour autant elle ne fait pas semblant de ne pas savoir qu’elle a des qualités hors normes. Elle en a conscience et en profite pour s’éclater, vivre à fond. Elle sait aussi ralentir quand cela n’a pas d’intérêt pour elle. C’est une tête de mule au mental et à la résistance exceptionnels mais sa gentillesse et son naturel en font un être humain véritable.

Son engagement me touche également, elle a monté plusieurs projets à Anchorage [Alaska] pour promouvoir le bike auprès des enfants les plus défavorisés. Elle est aussi à l’origine de programmes permettant à de jeunes filles de se mettre au vélo et de se dépasser. Certaines ont fait leurs premiers 100 km en début d’année, elle les a accompagné, leur a donné confiance et en a fait des mordues du vélo…

Bref c’est une belle personne!

Ta photo préférée

Celle-ci résume ce que je suis venue chercher en roulant et que j’ai trouvé à cet instant précis. Au bord d’une falaise dans le Finistère, au bout du bout du monde et là, l’infini!

Chez moi, il y a un arbre que j’aime très particulièrement, je le salue toujours. Un jour il a été foudroyé lors d’une tempête, il a perdu une bonne moitié de lui même, j’en ai pleuré, vraiment, pensant qu’on allait l’achever, les paysans l’ont laissé. Il a survécu, il est encore plus fort et plus beau, plus surprenant qu’avant…. évidemment je l’aime, il est la représentation exacte de mon monde. Un phœnix qui a su renaître de ses cendres.

 

Elles sont prises par ma douce moitié, comme il est photographe, le choix a été difficile…

Plutôt route, chemin, VTT

Plus le chemin est sauvage et désert de monde plus je me sens bien. Je ne suis pas fan de la route qui m’ennuie vite. Hier nous avons fait 40 km de route et de plat pour finir et rentrer au bercail, j’avais l’impression d’être en hypnose, je n’ai rien vu, juste pédaler pour pédaler, bof…

Je préfère les chemins, les sentiers, les single … de la nature et je suis comblée !

Plutôt hôtel, camping ou belle étoile

Belle étoile !!!!

Je m’arrête plus volontiers en bivouac qu’en hôtel. Selon la météo ou si le besoin de se laver “correctement” se fait sentir, j’essaye de trouver un camping dont je sais qu’il y a éventuellement une caravane ou un réel abri. Mais tant que le temps le permet, se poser là où bon te semble, sortir le réchaud et bricoler.

Il ne s’agit pas de jouer les Mike Horn à tout prix, mais la notion de voyage, pour nous, c’est: on roule, on avance, on verra jusqu’où. L’idée étant d’aller d’un point A à un point X sans savoir quelles lettres se trouveront entre ces deux points, un camping, une grange, un champ, une chambre chez l’habitant…. ou alors je repère où sont les paysans pour espérer pouvoir squatter leur grange!

Depuis peu quand le temps est menaçant, nous faisons appel à une communauté fantastique dont nous faisons partie, warmshowers , tu loges le cycliste en vadrouille, les cyclistes te logent… Rencontrer, échanger, partager ! C’est impressionnant le nombre de personnes inscrites ! Comme dit Thibaut, que nous avons logé hier sur son long périple: c’est à chaque fois une réconciliation avec le genre humain!

Et si il pleut

La pluie ne m’arrête pas! A moins d’être au milieu d’un champs avec un arbre unique comme abri pour échapper à l’orage qui menace de me tomber sur la tronche d’un instant à l’autre !

Dans ces cas, ce qui est arrivé souvent, je vais au plus court pour trouver un abri safe, une grange, un abribus, une cour….

En général, si je suis déjà sur ma route que le plan est d’avancer et qu’il pleut sans danger je continue… J’ai souvent une veste et un pantalon ultra light et ultra waterproof avec moi, un peu comme la trousse à outils et le nurofen !!! Les bagages, si il y en a, sont aussi waterproof.

Le pluie d’été , j’adore ! Il en a cruellement manquée cet été sur la French Divide!

J’aurais donné des bornes à parcourir en plus pour qu’il pleuve!

C’était soit l’orage apocalyptique soit le cagnard du type 45 degrés au Zénith et la sensation que les pneus vont fondre…

Un accessoire préféré

J’ai des élastiques à boules un peu partout sur mon vélo ! Je me suis soignée entre temps, avant j’en accrochais bien 5 ou 6 même pour une sortie de 3 jours , j’en suis à 3 ou 4 maintenant.

Ce sont des élastiques à bâches, ça me sert à tout ! A accrocher à l’arrache un vêtement si je sais que le ranger n’a pas de sens, une baguette sur la barre de cadre, mes gants sur mon sac de selle, mon back up sur les prolongateurs, bref, c’est léger ça ne prend pas de place et ça me sert à tout !

Yes définitivement l’élastique à boule est mon accessoire fétiche!

Le deuxième que je n’oublie jamais: mes écouteurs. Bizarrement je les utilise peu mais ils sont là avec ma playlist en cas de coup de mou…

Et enfin, il y a ma gapette ” Get Lost” que Capucine Jenkins, de Lille, m’a passé pour la French Divide en août passé. Au retour elle me l’a offerte, elle ne me quitte plus et me rappelle à chaque instant que c’est aussi ma devise: “Get Lost” !!!! et ma phrase préférée “oh yesssss, Get Looooost !!!

Un conseil pour les bikepackeuses

On a toutes, quand on débute, ce que j’appelle « nos sacs à peurs ».  Je ne pense pas que l’on puisse s’en défaire en deux sorties mais il est évident que la surcharge nous alourdie dans tous les sens du terme (de vêtements, de médicaments, de bandages, de nourriture – du type je traverse le désert de Gobi -, de si et de ça ). Plus l’on trimbale de choses plus on se complique le voyage, pour finalement se rendre compte que la moitié ne nous sert pas et fait partie de ce sac à peurs. On finit toujours par jongler avec deux t-shirts, un short, un pantalon, un buff … bref le basique.

Mon sac à peur s’est allégé. J’ai appris qu’il est aussi possible de s’alléger de ce poids , intérieur, que l’on veut justement laisser chez soi.

Je ne sais pas si il y a de vrais conseils que je puisse donner, chacune roule à sa manière, certaines ont besoin de rencontrer beaucoup de gens alors que d’autres ont besoin de solitude, certaines peuvent dormir par terre avec un sac de couchage alors que d’autres ont besoin d’un matelas, …

Mais chacune doit être fidèle à ce qui l’amène à prendre le large tout en étant prête à changer de cap si le vent la mène ailleurs, rien n’est vraiment dramatique dans le fait de ne pas suivre un plan pré-défini.

Se « perdre » c’est se surprendre.

Sinon d’un point de vue strictement matériel, je ne pars jamais sans cicalfate ( ô crème miracle contre les irritations et les bactéries) ni Skirt ( idem anti-fongique et frottements). Et ça marche ! Cet été sur la FD 1100 km 12000 D+ sous une chaleur de plomb avec ce que cela implique de transpiration bien dégueulasse, sans compter le manque d’hygiène due à la course, je n’ai pas eu un seul problème !

Un sac de cadre et de selle waterproof, un coupe vent / de pluie de trail decathlon et le pantalon idem, au sec les filles ! Même sur des centaines de kilomètres !

Des élastiques de bâches [Rires !], un bivy pour profiter des étoiles, des roues montées en tubeless mais la chambre de rechange sous la main.

Pour la gestion du temps, se fixer des objectifs qui soient en accord avec le trip, le temps passe très vite dès que l’on s’arrête, mais ce n’est un souci que si on doit vraiment respecter un timing.

Manger un max et souvent.

Te dire quand rien ne va plus que ce n’est que provisoire et que forcément ça ne peut qu’aller mieux.

En race, ne jamais décider un abandon le soir. Le lendemain en général, on est prête pour repartir !

En bikepacking s’arrêter et prendre le temps d’accepter un café, un ravito ou un hébergement chez l’habitant… ne pas passer à côté de ces moments qui réconfortent.

Bref écouter ses envies, il n’y a pas de petites distances, il n’y a pas de petits voyages.

J’ai vu, cet été, des gens qui ont parcourus ces 2235 km et ces 35.000 de D+ de la French Divide et qui n’ont rien vu, n’ont rencontrés personne. C’est leur choix, ils ont fait un temps phénoménal et j’admire aussi cette détermination à ne pas lâcher ce but précis. J’ai vu d’autres personnes ralentir au fur et à mesure de la « course » [qui est un brevet], ne pas arriver au bout par manque de temps [comme nous] mais avoir vu et rencontré tant de gens fantastiques qu’au final, avoir suivi ses propres envies et s’être laissés portés a fait de nous des lanternes rouges écarlates de bonheur.

Qui que tu sois, velocypèdeuse, suis et vis ta route <3

Un dicton dans la vie

Depuis toujours, le premier en toute circonstances et aussi loin que je me souvienne ( ça finit par gonfler tout le monde d’ailleurs ) :

Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions.

Et une autre :

« Carpe that Fucking Diem »

Sinon, ça n’est pas un dicton mais quand j’ai envie de jeter mon vélo dans le ravin ou que la douleur devient un point sur lequel je focalise, je me rappelle de cette phrase d’un ami proche qui fait des déca Ironman, «  So, est-ce que tu as mal au point de devoir absolument t’arrêter ? Non ? Alors continues ! »

Ton voyage idéal

Celui qui me mènera sur les routes ou plutôt les chemins pour un temps très long et non défini, des mois, des années… partir comme un escargot avec ma micro maison sur le vélo.

La notion d’idéal est floue. J’ai des projets, je ne sais pas si ils seront idéaux, mais oui on va dire qu’être totalement libre de partir me paraît être la prochaine étape.

Tu te lances quand?
Quand mes filles seront en âge de se passer de moi. C’est le seul ” obstacle” qui n’en est pas un. Chaque chose en son temps et à chaque moment de vie sa magie. En attendant de sortir totalement du moule sociétal et de vivre une vie nomade à 100% je vis à fond des échantillons plus ou moins longs de cet avenir, je teste, je tâte, je défriche. Sans objectif.
Crédit photo : Alfredo Betancourt
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1 Comment

  • PASCAL TASSY 18 octobre 2018 at 6 h 55 min

    Bonjour,quel est le matériel bags sur les fourches avant, Bidouille bien faite ou accessoire en vente fixations fourches et si il n y a pas ?
    Dans tous les cas cela fait voyager, rêver et je ne suis qu’au début du chemin
    merci

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