Expérience

Vélodyssée : J-1 Le train, le vélo & moi

Vélodyssée : J-1 Le train, le vélo & moi
La mission du jour est très simple : nous acheminer, mon vélo et moi, jusque la Rochelle. Sur le papier ça paraît simple !

J’ai réservé 2 trains pour Amiens – La Rochelle avec une correspondance à Paris. Mon premier train est à 16h30, j’ai tout mon temps.

Le temps de réfléchir à ce que j’aurai pu oublier, le temps de compléter ma playlist avec mes derniers coups de cœur musicaux, le temps de m’impatienter, le temps de douter, le temps de paniquer… Ma journée est ponctuée de pics d’adrénaline et de vents de panique ! C’est mon premier voyage solo j’ai des tonnes de doutes en tête, je sors de ma zone de confort et me rassurer me demande une certaine gymnastique cérébrale… Vais-je réussir à rejoindre la seconde gare dans les temps ? Je déteste Paris en voiture mais à vélo, ça va être pire non ? Dans le TGV je vais faire comment avec mon vélo ? Si je m’endors on risque de me piquer mes bagages ? Les warmshowers sur mon parcours seront-ils fiables ? Est-ce que j’aurai la motivation de remonter sur le vélo chaque lendemain jusqu’à ma destination ? Mon genou va-t-il tenir le coup ? Et si il faisait mauvais temps ? Bref, j’ai le cerveau qui rumine et s’éparpille. Pourtant je sais déjà, au fond, que tout va bien se passer.

Arrivée en gare d’Amiens

Départ de la maison jusqu’à la gare, couverte et chargée, étrange sensation d’être touriste dans sa propre ville. Par chance je connais cette gare comme ma poche et je sais éviter les escaliers (pour les intéressées il suffit de vérifier votre numéro de quai dans le hall principal de prendre l’un ou l’autre des 2 ascenseurs en fonction de votre numéro.

Le train arrive et la première galère consiste à faire entrer le vélo dans le train, il est lourd, il y a 3 marches et le passage de la porte est plutôt étroit. Par chance, comme bien souvent, la personne qui me précède dans le train m’aide à hisser l’engin jusqu’à l’intérieur. A partir de là, seconde galère, il faut manipuler le vélo et réussir à le faire entrer dans les espaces dédiés.

Je suis d’une nature plutôt méfiante et je n’aime pas ne pas avoir mon vélo sous les yeux lorsque je prends le train. Je décide donc de m’assoir sur une petite marche dans le local vélo afin de garder un œil sur mon précieux. Noah, 5 ans, me regarde faire et décide de m’imiter. Il vient s’assoir à côté de moi et surveille son vélo tout en observant le mien du coin de l’œil. Je finis par entamer la discussion en lui parlant de son vélo et en lui demandant où est-ce qu’il l’emmenait. Ce fut le début d’un long monologue de ce petit bout ! Il me présenta Tchoupi, son doudou, qui surveillait nos vélos et sur qui on pouvait compter sans problème. Dans ce cas !

Astuce : si vous voulez la paix pendant une bonne demi-heure voire même plus si il est imaginatif, présentez ce fascinant objet qu’est : la bande réfléchissante !

Correspondance Gare du Nord – Gare Montparnasse

Même galère pour descendre le vélo du wagon mais à nouveau une passagère m’offre son aide. Pour sortir de la Gare du Nord, easy, tous les quais sont sur le niveau de la sortie. Me voilà donc à Paris sur mon fidèle destrier, prête à arpenter la ville ou tout du moins aller jusque Montparnasse.

Je retire ce que j’ai dit sur Paris un peu plus haut. Paris en plein mois d’août c’est bien en fait. Il n’y a pas de voitures pressées prêtes à tout pour te forcer le passage, peu de piétons, les routes sont praticables dans les 2 sens par les cyclistes. Il y a une double signalisation voiture / vélo, ce qui signifie, en gros, que les vélos n’ont pas besoin de stopper au feu rouge suivant la direction dans laquelle ils se dirigent et si la circulation le permet. Cela ne les rend pas prioritaires mais ça a au moins le mérite de nous laisser griller les feux.

La trace est agréable et me fera même passer devant la Pyramide du Louvre. J’avais prévu beaucoup plus de temps pour la traversée (angoisse quand tu nous tiens), elle s’est finalement faite rapidement et sans encombre.

TGV Paris Montparnasse – La Rochelle

Je ne connais pas la Gare Montparnasse en tant que cycliste, résultat je suis mon instinct et essaye de faire au plus simple. Je prends un ascenseur pour accéder au niveau supérieur et je porte mon vélo dans les derniers escaliers pour arriver jusqu’aux quais. (Si il y a une astuce, n’hésitez pas à le dire en commentaire ça servira peut être à quelqu’un plus tard). Il fait une chaleur incroyable, je suis en transe mais jusque-là tout va bien. Le train est annoncé avec 25 minutes de retard, je ne suis plus surprise… Ça me laissera le temps de manger un bout avant le départ.

On est reparti dans le schéma de galère pour escalader les marches avec le vélo. La place, achetée 10€, pour mon vélo est en réalité un espace devant des strapontins. Strapontins utilisés (sérieux les gens! Si on vous attribue une place, tout ce que vous avez à faire et vous y asseoir, c’est si compliqué que ça ?), je propose aux personnes de se déplacer pour ne pas être gênées par mon vélo, ils déclinent, ils me demandent de mettre mon vélo ailleurs, je décline… Nouvel arrivage de passagers, une famille se retrouve séparée à cause de moi, ils descendent au prochain arrêt, j’échange ma place. Le karma me le rendra un de ces jours. Les sales gosses se mettent à jouer avec les pédales de mon vélo puis la sonnette, je leur demande d’arrêter à plusieurs reprises. Leur mère, absorbée par son smartphone, ne remarquera même pas mes interventions. [Chacun son éducation ! Merci Maman pour la mienne!] Enfin arrivés à Poitiers, je les laisse descendre et me fais une joie de récupérer mon siège avec la vue sur mon vélo. Le mioche assis à ma place vient de pisser sur le siège, mon siège ! [C’est ça le karma ?!] Je ne m’en rends compte qu’en m’asseyant dessus avec le seul pantalon que j’ai emmené. Direction les toilettes pour nettoyer au mieux la dite tâche et laisser le tout sécher sur moi. Un délice !

La Rochelle, terminus, tout le monde descend.

Arrivée à la Rochelle

A nouveau des escaliers à descendre puis monter pour sortir de la gare… Il fait nuit, il fait bon, ça a l’air mignon. Je me lance à l’aventure jusqu’à mon warmshower de la nuit. La ville est charmante, blindée de monde, mais charmante. Demain je me lèverai tôt pour profiter de tout ça au calme avant de commencer ma journée.

Il est 23h30, Julien & sa femme ont eu la gentillesse de patienter jusqu’à cette heure pour m’accueillir, au dodo ! Réveil programmé, ça sent bon l’aventure, vivement demain !

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2 Comments

  • Fred 12 septembre 2018 at 19 h 21 min

    Ton récit commence bien j’aime bien définitivement ton style. 😉

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    • admin2373 12 septembre 2018 at 20 h 59 min

      Merci Fred, je suis ravie que ça te plaise ! 😆

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