Expérience

Vélodyssée : J2 Montherault – Royan 76km 574D+

Vélodyssée : J2 Montherault – Royan 76km 574D+
Cette deuxième journée m’a enseigné le plaisir de la solitude mais aussi celui des belles rencontres…

Quelle drôle de sensation en me réveillant ce matin, mon visage est engourdi comme une main peut s’engourdir d’être restée trop longtemps dans la même position. Alors je le touche, à la recherche de sensation… Très vite, je m’aperçois qu’il n’est pas comme d’habitude. Ni une, ni deux j’attrape mon téléphone pour jeter un œil [parlons-en justement]… Et là j’éclate de rire, une partie de mon visage est méconnaissable! Ça doit être mon allergie aux vélos électriques, il y en avait tellement hier! Plus sérieusement, cette nuit je me suis réveillée car j’avais chaud, j’ai alors ouvert le bivy pour avoir de l’air et me suis rendormie ainsi, paisiblement, en oubliant de le refermer. Je suis allergique à toutes les piqûres d’insectes. Tout s’explique! 

L’aventure n’attend pas et ça n’est pas ce détail qui me ralentira dans mon périple audacieux. Il est 8h00, le jour est levé mais le monde dort encore, j’adore ces moments là… Paisibles, sereins… Je démarre ma trace du jour avec le sourire, émerveillée par la lumière qui recouvre les paysages brumeux.

Je retrouve la voie partagée avec les cavaliers d’hier mais ce matin je suis la première à passer. Comment j’en suis si sûre? Je sens les toiles que les araignées ont tissé pendant la nuit contre mon visage et mes bras…
Depuis ce matin, de très petits villages ponctuent ma route, aucun d’entre eux ne semblent vouloir me fournir ce petit déjeuner copieux dont je rêve tant. Le chemin est désert, les vaches, les grues et quelques ânes me tiennent compagnie.

Vers 10h00, je sens l’hypoglycémie pointait le bout de son nez. Je mange ma dernière compote en espérant trouver de la vraie nourriture très vite. 1 heure plus tard, ma route croise un food truck, yes! Timing parfait!
Depuis la Rochelle je me dis que je dois retirer de l’argent tout en me disant que, au pire, j’ai ma CB et quelques tickets resto. Pas de bol, ils ne prennent pas la CB et ne veulent pas non plus du ticket resto. Je retire mes lunettes de soleil en espérant que mon visage boursouflé l’attendrira un chouïa, rien n’y fait. Je fais les fonds de mes différentes sacoches et arrive à collecter, tant bien que mal, 5.00€. Ça me donne droit à un sandwich au jambon ou un sandwich au pâté… Et mer**! Je lui demande ce qu’il a d’autre à me proposer sachant que je ne veux ni viande ni poisson. “Une gaufre et un coca?” Oh que oui! et comment!? En d’autres circonstances, c’est le genre de goûter dont je n’aurais pas voulu mais à vélo il ne faut pas faire la difficile. Si tu as faim et que tu trouves à manger, alors mange! Je m’installe à l’ombre et déguste soigneusement mon festin. Ma prochaine ville est à 25km [La Palmyre], je devrais pouvoir y trouver de l’argent et faire un vrai repas.
Je passe sur un pont immense, il me semble que c’est la première fois que j’en traverse un de cette taille et toute seule. La baie s’étend à perte de vue! Splendide! De l’autre côté, la végétation est totalement différente, les pins font leur apparition. Ce sont les paysages que j’attendais depuis le début, je suis super excitée de la tournure que prend ce voyage. C’est captivant!

Arrivée à la Palmyre, le soleil cogne, je décide d’en profiter pour déjeuner et faire sécher mon matériel de nuit sur une table de pique nique pendant que je mange assise sur le sol. Mes voisins m’observent, médusés…
Une pause s’impose mais je ne veux pas laisser mon vélo sans surveillance. Je n’ai confiance en personne lorsque je suis seule car il m’arrive toujours les pires embrouilles. D’après mon Lapin, j’ai une tête à être bolossée alors les gens le sentent et n’hésites pas à me tomber dessus!
A partir de ce point, la piste est convoitée par les piétons qui se rendent à la plage et c’est petit à petit le retour à la civilisation.
Il ne me reste qu’une dizaine de kilomètres pour arriver jusqu’à Thomas, mon warmshower pour ce soir. Ces derniers kilomètres sont un pur plaisir, ils longent la plage, la piste cyclable est propre et majoritairement isolée des voitures.
Il est 15h30, un passage rapide au distributeur à billets pour les prochains jours et quelques bières pour ce soir et me voilà assise dans le canapé de Thomas. Chaque fin de journée est une victoire en soi, je suis fière de ce que j’arrive à accomplir, ça me remplit de confiance et d’optimisme pour les prochains jours.
Une bonne douche me fait découvrir mes sacrées traces de bronzage, par chance j’ai quelques jours pour tenter de les gommer après mon périple.
Thomas est un artiste, il peint. Il me présente Tania, une russe de passage chez lui en échange d’un coup de main pour une fresque dans la ville. Nous décidons d’aller sur la plage pour voir le coucher de soleil, boire mes bières. Guitare, harmonica, moustiques … Nous sommes comblés…
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