Expérience

Vélodyssée : J3 Royan – Lacanau 89km 852D+

Vélodyssée : J3 Royan – Lacanau 89km 852D+
La technologie, cette traîtresse…

Le premier ferry est à 7h15, trop tôt pour moi… Les suivants sont toutes les 40 à 50 minutes autant dire qu’il n’y a pas d’horaires fixes et que lorsque l’on se pointe au ferry on ne sait jamais vraiment quand il va repartir. D’un autre côté, je suis absolument libre de mes horaires et n’est aucune pression sur un quelconque timing à respecter. En plus la chance est au rendez-vous, j’arrive à 8h10 au ferry et il part dans la foulée.

A bord, je suis la plus jeune, c’est pour vous dire… Je suis surprise de voir si peu de voyageurs depuis mon départ de la Rochelle. A bord, il n’y a qu’une seule autre personne à voyager, les autres veulent simplement aller sur une autre plage avec leurs vélos [électriques!].
Je suis la première à descendre du bac, j’y tenais! C’est parti pour une nouvelle expédition !
Le début de la trace longe la mer. C’est très agréable, le matin, de voir les plages nues. Je sais que je ne verrais que très peu la mer jusqu’à la fin de la journée alors je profite du spectacle au maximum.
Puis la forêt arrive, je suis éblouie par le changement de décor, ça y est nous sommes dans les Landes, le sol est couvert d’épines. On m’avait prévenu qu’à partir de ce point les longues lignes droites à travers la forêt seraient nombreuses. On ne m’avait pas menti!
J’arrive sur ces fameuses autoroutes, d’après le dénivelé annonçait par le GPS je vais être à plat toute la journée. Parfait! Dans ce cas je n’ai pas besoin de m’économiser, je peux tracer! C’est parti!
Très vite pédaler devient un automatisme. Les paysages sont identiques depuis des kilomètres. Il y a des gens qui s’évadent dans ce type de configuration, pour ma part, ça m’ennuie. La meilleure alternative que j’ai trouvé à ce jour est la musique, je me mets donc de la musique et je m’échappe…
Ce plein régime me donne faim très vite, je me lance le défi d’attendre le prochain virage pour manger. Le moins que l’on puisse dire est que ça a été plutôt long!
La faim est calée, je peux reprendre ma route. Musique, gros braquet, c’est reparti!
Je m’enfile ainsi plus de 35km de lignes droites et plates à travers la forêt, c’est beau mais j’ai vraiment du mal à être dedans… Heureusement que d’autres éléments font le contrepoids : la météo est superbe, la route est déserte, les paysages bien que monotones me dépaysent de mon quotidien picard. Je m’ennuie un poil mais je me sens bien. Pendant ce temps certaines personnes sont dans un bureau à bosser, ça aide à relativiser 🙂
Les températures grimpent au fur et à mesure de la matinée et les sauterelles se font de plus en plus nombreuses sur la route. Il finit par y en avoir partout, je joue même au slalom pour les éviter.
Alors que je suis sur ma lancée, j’attrape mon téléphone pour changer de musique et là catastrophe il m’échappe des mains. J’essaye de m’arrêter mais avec l’élan et le poids du vélo, j’ai sous-estimé ma distance de freinage et suis descendue un peu trop tôt du vélo… [Que celles qui se sont déjà fait un deuxième anus avec leur selle compatissent à ma douleur 🙂 ] . Le téléphone, lui, est sauf! Tant mieux!
Au moment de remonter sur le vélo je remarque que je me suis blessée, aucune idée de quand ça a pu arriver, je ne me suis rendue compte de rien… Je m’occuperai de ma blessure de guerre plus tard!
Il est 11h30, j’ai fais 50km, il m’en reste un peu moins du double pour arriver jusqu’à mon auberge pour ce soir. Je m’arrête donc dans une brasserie à Hourtin Plage pour manger un bout et remplir mon camelbak puis je repars de plus belle. Je suis tentée par l’idée d’une après midi glandouille sur la plage en arrivant, pour cela il faudra que j’arrive de bonne heure à destination.
La trace de l’après midi me fait passer par le chemin de St Jacques de Compostelle, je suis contente de pouvoir rouler ici. J’ai entendu de nombreuses fois parler de ce chemin sans jamais l’avoir emprunté, c’est maintenant chose faite.
Cette joie ne durera pas, ma trace soit disant plate se transforme en traversée des dunes sur des pistes en très mauvais état. Je ne pense pas que ça va durer puisque mon GPS m’avait annoncé très peu de D+. Je sais maintenant que c’est le GPS qui avait tout faux! Les derniers kilomètres qui me séparent de mon point de chute concentrent tout le dénivelé de la trace, soit 850m en 40km. Je me suis trop cramée ce matin pour pouvoir les faire sereinement, surtout que psychologiquement je ne me suis pas du tout préparée à grimper quoi que ce soit. Pas avec le vélo chargé, pas à cette heure de la journée et pas sous ce cagnard sans ombre et sans vent! Mamamia il va falloir s’accrocher…  Adieu la glandouille sur la plage!

Par chance tout ce qui se grimpe fini par se descendre et les descentes sont plutôt agréables. En revanche, l’enchaînement des montées et des descentes est incessant. Je me perds dans mes propres émotions et oscille entre détresse et exaltation. Je brûle mon repas en un rien de temps et me retrouve sans jambes à peine 2H après avoir manger… Une marcheuse me double dans une montée, je comprends qu’il est temps que je m’arrête pour reprendre un peu de forces. Il me reste quelques barres de céréales et de compotes qui me donneront assez de jus pour finir ma trace du jour.
La difficulté de ce parcours m’a quand même appris 2 ou 3 choses sur le vélo: je comprends désormais la chasse aux grammes que mène certains pour alléger leur vélo et surtout j’ose désormais me coucher dans les virages. La sensation que cet élan procure me faisait peur il y a de ça quelques jours et maintenant je l’adore! C’est ce que je décide de retenir de ma journée 🙂
Il est 16h30, une douche fraîche et une bonne sieste s’imposent!

 

Une fois propre et reposée, il ne me reste plus qu’à savourer Lacanau et sa fameuse plage dont je rêve depuis des heures.
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