Expérience

Vélodyssée : J4 Lacanau – Biscarosse 115km 1430 D+

Vélodyssée : J4 Lacanau – Biscarosse 115km 1430 D+
Une nouvelle journée, un nouveau record…

Je reprends la route vers 7h45 et il fait déjà super chaud. Moi qui suis picarde, je dois bien avouer que je n’ai pas l’habitude d’être assommée par la chaleur à cette heure de la journée.

Je suis à 220km de mon arrivée, j’avais prévu de faire les kilomètres restants en 3 jours mais j’ai des potes qui habitent en plein milieu et c’était trop tentant d’aller leur rendre visite! Je dois donc faire 115km pour les rejoindre, mon record à ce jour est de 105km, c’est la journée la plus longue de mon voyage. Je l’ai dans le viseur depuis le début car elle me remplit de doutes. Faire autant de kilomètres après 3 journées de vélo, ça ne va pas être simple. En plus, je sais désormais que je ne peux pas faire confiance aux informations liées au dénivelé annoncées par le GPS. Je croise les doigts pour que ça soit plat.

Ça n’est pas plat. Ma trace ressemble à un pumptrack géant, l’élan que je prends dans les descentes me permet presque de terminer la montée suivante. Je me sens comme une balle dans les bosses d’un mini golf. Je n’ai pas de jambes aujourd’hui, probablement le moral qui en a pris un coup hier. Je n’arrive pas à dépasser les 18 km/h de moyenne, je me sens vidée. A cet instant j’aurai apprécié de la compagnie, au moins pour m’aider à rester positive. Je sais que je vais y arriver mais pas parce que j’ai confiance en mes capacités juste parce que je sais que je DOIS aller au bout.

Je croise de nombreux graffs avec l’inscription “Terre plate”… Si je chope le c** qui veut nous faire avaler ça!

Il est 11h30, je suis à Biganos. Une pause déjeuner dans une sandwicherie bio histoire de reprendre des forces et du mental!

Petite vitesse, musique à fond pour couvrir le son de ma voix, je repars en chantant, ça me fait toujours du bien. Cet après-midi je suis à mon écoute, j’y vais tranquillement dans les montées et je savoure les descentes autant que possible. J’ai quand même un record à battre, ça n’est pas négligeable.

Il ne me reste plus qu’une quinzaine de kilomètres pour atteindre mon objectif et là le coup de grâce. Une dune de sable à traverser! Impossible avec mon vélo! J’utilise le GPS pour trouver un plan B, une route semble contourner la dite dune. Je tente. C’est une grosse route, les voitures roulent vite et près de moi. Le dénivelé est atroce, les automobilistes sont infects, j’ai peur. Les nerfs lâchent. Je sers les dents pour contenir mes larmes et je tente d’utiliser cette rage pour grimper ces maudites côtes!

Une fois là haut, j’en ai le souffle coupé. Comme après un accouchement, j’en oublie ce que je viens de vivre pour simplement profiter de l’instant. Le paysage est époustouflant avec des lacs d’eau bleu intense au milieu des arbres. Je n’en reviens pas. J’ai vécu les choses si intensément depuis mon départ ce matin que j’en suis émue.

En cette fin de journée, j’avais besoin de m’exprimer sur ce qui m’a énervé alors c’est parti: J’emmerde les gps qui plantent. J’emmerde les parents à vélo qui ne connaissent pas l’encombrement de leur carriole. J’emmerde les ados qui te gâchent une descente parce qu’ils sont captivés par leur iphone. J’emmerde les fumeurs sur les pistes cyclables. J’emmerde les voitures qui te frôlent en gueulant “avance!”! J’emmerde mon mal de cul. J’emmerde les lignes droites à n’en plus finir. J’emmerde ma zone de confort qui m’a fait penser toute la journée que je n’y arriverai peut être pas.

New record : 115km!

Je peux désormais profiter d’une soirée en compagnie de Clémence, Florentin et leurs amis. Merci pour votre accueil, vous n’imaginez pas à quel point ça a changé la donne 🙂

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